
Vous envisagez de vous installer en Espagne avec vos enfants ? Comprendre le fonctionnement du système scolaire espagnol est indispensable pour choisir un établissement et préparer leur inscription. De l’école maternelle au lycée, l’organisation diffère sensiblement du système français, notamment dans le nom des cycles, l’âge correspondant aux différentes classes et le rôle des communautés autonomes.
Dans ce guide, découvrez les principales étapes de la scolarité en Espagne, les équivalences avec les classes françaises, les différents types d’établissements et les démarches à effectuer pour inscrire un enfant français. Pour préparer plus largement votre installation, consultez également notre dossier consacré aux étapes d’une expatriation réussie en Espagne.
En Espagne, le système éducatif est soumis à la réglementation du ministère de l’Éducation et de la Formation professionnelle. Pourtant, ce sont les gouvernements régionaux des 17 communautés autonomes qui encadrent les établissements scolaires sur leur territoire.
Cette organisation explique pourquoi le calendrier scolaire, les périodes d’inscription, les aides accordées aux familles ou encore les critères d’affectation peuvent varier d’une région à l’autre. Cette décentralisation entraîne des différences concrètes pour les familles. Ainsi, un enfant scolarisé en Catalogne ou en Andalousie ne suivra pas nécessairement exactement le même programme ni le même calendrier scolaire qu’un élève installé dans la Communauté valencienne. À Barcelone, le catalan occupe notamment une place centrale dans l’enseignement, tandis qu’à Valence, les établissements peuvent proposer différents équilibres entre le castillan et le valencien. Les dates de rentrée, les vacances, les procédures d’inscription et certaines matières peuvent également varier d’une communauté autonome à l’autre.
Le budget public consacré à l'éducation en Espagne a dépassé 71,3 milliards d'euros en 2024 selon les chiffres officiels, ce qui représente une hausse de 4,8 % par rapport à l'année précédente. [1]
Avant de choisir une école en Espagne, il est donc indispensable de consulter les règles fixées par la communauté autonome concernée. Le réseau européen Eurydice détaille la répartition des compétences éducatives entre l’État espagnol et les administrations régionales.
Le système scolaire espagnol se compose de plusieurs cycles successifs, de l’Educación Infantil aux études supérieures. Comme en France, l’âge de l’élève détermine généralement son niveau scolaire. Toutefois, les correspondances ne sont pas toujours exactes : l’ESO, par exemple, couvre une période allant approximativement de la 5e à la Seconde française.
L’Educación Infantil accueille les enfants de la naissance à 6 ans. Facultative, elle se divise en deux cycles :
Si l’ensemble de cette étape n’est pas obligatoire, le second cycle est gratuit dans les établissements publics. Il prépare progressivement les enfants à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, des nombres et à la vie en collectivité.
L’enseignement peut être dispensé en castillan, mais également dans la langue co-officielle de la communauté autonome, notamment en catalan, en valencien, en basque ou en galicien. Les familles doivent donc se renseigner sur la langue principalement utilisée dans l’établissement avant d’y inscrire leur enfant. Le ministère espagnol de l’Éducation détaille l’organisation et les objectifs de l’Educación Infantil.
L’Educación Primaria marque le début de la scolarité obligatoire. Elle accueille les enfants de 6 à 12 ans et comprend six années, appelées primero, segundo, tercero, cuarto, quinto et sexto de Primaria.
Le programme comprend notamment la langue espagnole et la littérature, les mathématiques, les sciences, l’éducation artistique, l’éducation physique et une langue étrangère. Dans les communautés possédant une langue co-officielle, celle-ci fait également partie des enseignements.
Les six années sont réparties en trois cycles de deux ans. L’évaluation est continue et le redoublement doit rester exceptionnel. À la fin de la sixième année, généralement vers 12 ans, l’élève entre directement en ESO. Le programme officiel de l’Educación Primaria est encadré au niveau national, puis adapté par chaque communauté autonome.
L’Educación Secundaria Obligatoria, couramment appelée ESO, constitue la seconde partie de l’enseignement obligatoire. Elle dure quatre ans, de 12 à 16 ans, et se déroule généralement dans un Instituto de Educación Secundaria.
L’ESO ne correspond pas exactement au collège français : ses quatre niveaux, de 1º de ESO à 4º de ESO, couvrent approximativement les classes françaises de la 5e à la Seconde. Les élèves étudient notamment l’espagnol, les mathématiques, une langue étrangère, la géographie et l’histoire, les sciences, l’éducation physique ainsi que des matières artistiques ou technologiques.
En quatrième année, certains enseignements permettent aux élèves de commencer à préciser leur orientation. À l’issue de l’ESO, ceux qui remplissent les conditions requises obtiennent le Título de Graduado en Educación Secundaria Obligatoria. Ils peuvent ensuite poursuivre en Bachillerato, intégrer une formation professionnelle de niveau intermédiaire ou entrer dans la vie active. Le ministère présente en détail l’organisation de l’ESO.
Après l’ESO, les élèves qui souhaitent poursuivre un enseignement général peuvent intégrer le Bachillerato. Ce cycle facultatif dure deux années, généralement de 16 à 18 ans, et correspond approximativement aux classes françaises de Première et de Terminale.
Les élèves choisissent une orientation parmi plusieurs modalités : Arts, Sciences et Technologie, Humanités et Sciences sociales ou Bachillerato général. Une partie des enseignements est commune à tous, tandis que d’autres matières dépendent de l’orientation choisie.
À la fin du cursus, les élèves qui ont validé toutes les matières obtiennent le Título de Bachiller. Il est important de ne pas confondre ce diplôme avec la PAU, encore couramment appelée Selectividad, qui sert à accéder à l’université. Le fonctionnement du Bachillerato est détaillé sur le site du ministère espagnol de l’Éducation.
Les familles souhaitant conserver le programme éducatif français peuvent, quant à elles, se tourner vers l’un des lycées français en Espagne.
La Formación Profesional, ou FP, constitue la principale voie d’enseignement professionnel en Espagne. Elle associe enseignements théoriques et apprentissage pratique en entreprise afin de préparer les élèves à un métier.
Elle comprend plusieurs niveaux :
Les formations couvrent de nombreux secteurs, comme le commerce, l’informatique, le tourisme, la santé, l’administration, l’industrie ou encore les métiers techniques. Selon le niveau obtenu, l’étudiant peut travailler directement ou poursuivre vers une formation supérieure. Le portail officiel TodoFP permet de rechercher les diplômes et les établissements proposant une formation professionnelle en Espagne.
Après le Bachillerato ou une formation professionnelle supérieure, les étudiants peuvent poursuivre leurs études dans une université publique ou privée. L’enseignement universitaire espagnol est organisé autour de trois diplômes principaux :
Pour intégrer une université après le Bachillerato, les élèves passent généralement la Prueba de Acceso a la Universidad (PAU), toujours fréquemment appelée Selectividad. La note d’admission tient compte des résultats obtenus pendant le Bachillerato et aux épreuves d’accès. Certaines filières très demandées appliquent une note minimale d’admission particulièrement élevée.
Les modalités peuvent différer pour les titulaires d’un baccalauréat français ou d’un autre diplôme étranger. Il est donc nécessaire de vérifier les conditions auprès de l’université visée et du service officiel UNEDasiss, chargé de l’accréditation de nombreux étudiants internationaux.
En Espagne, les familles peuvent choisir entre une école publique, une école concertada, une école privée ou un établissement international. Le choix dépend principalement du budget, du lieu de résidence, de la langue d’enseignement et du projet pédagogique recherché. Il est conseillé de comparer les établissements suffisamment tôt, car les conditions d’admission et le nombre de places disponibles varient selon les écoles et les communautés autonomes.
Les écoles publiques, appelées colegios públicos ou institutos públicos, sont financées et administrées par les pouvoirs publics. La scolarité obligatoire y est gratuite, mais certaines dépenses restent à la charge des familles, notamment la cantine, les fournitures, les manuels scolaires, le transport et les activités extrascolaires.
L’admission dépend généralement du lieu de résidence et d’un système de points défini par la communauté autonome. La proximité du domicile, la présence d’un frère ou d’une sœur dans l’établissement ou encore la situation familiale peuvent être prises en compte. Dans certaines régions, une part importante des cours est dispensée dans la langue co-officielle locale : catalan, valencien, basque ou galicien.
Les écoles concertadas sont des établissements privés bénéficiant d’un financement public dans le cadre d’un contrat avec l’administration. Elles suivent le programme officiel espagnol et ne doivent pas facturer de frais de scolarité pour les enseignements couverts par ce financement public.
Dans la pratique, des contributions volontaires ou des frais liés à la cantine, aux activités, aux transports, aux uniformes ou à certains services complémentaires peuvent être demandés. Il faut donc se renseigner précisément sur le coût total avant l’inscription. Beaucoup d’écoles concertadas sont également rattachées à une institution religieuse, même si leur fonctionnement et leur projet éducatif varient d’un établissement à l’autre.
Comme dans le public, l’attribution des places dans les niveaux financés repose sur des critères encadrés par la communauté autonome. Le ministère espagnol de l’Éducation précise les principes applicables à la scolarisation dans les établissements publics et concertados.
Les écoles privées, ou colegios privados, ne sont pas financées par l’État et fixent librement leurs frais de scolarité ainsi que leurs modalités d’admission. Elles peuvent proposer le programme espagnol, un enseignement bilingue ou une pédagogie particulière.
Les frais varient fortement selon la ville, le niveau scolaire, les équipements et les services proposés. À la mensualité peuvent s’ajouter les frais d’inscription, la cantine, le transport, les uniformes, les manuels et les activités. Ces écoles offrent généralement davantage de liberté dans le choix de l’établissement, puisque l’admission n’est pas directement liée à la carte scolaire, mais elle dépend des places disponibles et des critères propres à chaque école.
Les écoles internationales s’adressent notamment aux familles expatriées souhaitant conserver le programme scolaire de leur pays ou privilégier un enseignement bilingue. L’Espagne accueille ainsi des établissements français, britanniques, américains, allemands et internationaux préparant notamment au Baccalauréat International.
Pour une famille française, un établissement homologué permet de suivre le programme français et facilite une éventuelle poursuite de la scolarité en France. Cette solution est toutefois payante et les frais peuvent être élevés. L’AEFE répertorie les établissemets français homologués présents en Espagne, notamment à Madrid, Barcelone, Valence, Alicante, Malaga et Séville. Nous avons également consacré un guide aux lycées français en Espagne.
Selon le ministère espagnol de l’Éducation, au cours de l’année scolaire 2022-2023, 66,9 % des élèves étaient scolarisés dans un établissement public, 24,6 % dans une école concertada et 8,5 % dans un établissement privé.
*Ces fourchettes sont indicatives et n’incluent généralement pas les frais d’inscription, la cantine, le transport, les uniformes, les manuels ou les activités extrascolaires.
Si les systèmes scolaires français et espagnol présentent de nombreux points communs, plusieurs différences peuvent surprendre les familles françaises. L’organisation des cycles, les horaires, les vacances et la langue d’enseignement varient, avec des écarts parfois importants d’une communauté autonome à l’autre. Il n’existe donc pas un modèle scolaire espagnol totalement uniforme.
Les cycles scolaires ne coïncident pas exactement entre les deux pays. En France, l’école primaire est suivie du collège puis du lycée. En Espagne, les élèves suivent six années d’Educación Primaria, puis quatre années d’Educación Secundaria Obligatoria (ESO). Ils peuvent ensuite poursuivre pendant deux ans en Bachillerato ou s’orienter vers une formation professionnelle.
L’ESO couvre ainsi une période allant approximativement de la 5e à la Seconde française, tandis que le Bachillerato correspond globalement à la Première et à la Terminale. La scolarité obligatoire prend fin à 16 ans dans les deux pays.
En France, la journée scolaire se déroule généralement le matin et l’après-midi, avec une pause pour le déjeuner. En Espagne, les horaires dépendent davantage de la région et de l’établissement. Certaines écoles appliquent une jornada continua, avec des cours concentrés le matin jusqu’en début d’après-midi. D’autres conservent une jornada partida, interrompue par une pause déjeuner plus longue.
Les cours commencent généralement entre 8 h et 9 h et peuvent se terminer entre 14 h et 17 h, selon le niveau et l’organisation retenue. Contrairement aux élèves français, les élèves espagnols ont généralement cours le mercredi selon le même rythme que les autres jours de la semaine.
Dans les deux pays, l’année scolaire commence en septembre et se termine en juin. En Espagne, les dates précises sont toutefois définies par chaque communauté autonome. La rentrée, la fin des cours et certains jours fériés peuvent donc différer entre la Catalogne, l’Andalousie, Madrid ou la Communauté valencienne.
Les vacances d’été sont généralement plus longues en Espagne, tandis que les interruptions pendant l’année sont moins nombreuses qu’en France. Les élèves espagnols bénéficient principalement de vacances à Noël et durant la Semaine sainte, mais ne disposent pas systématiquement de vacances à la Toussaint ou en février. En France, le calendrier est organisé par zones académiques et prévoit des congés plus régulièrement répartis pendant l’année. Les dates françaises peuvent être consultées sur le calendrier officiel de l’Éducation nationale.
Le castillan est enseigné dans toute l’Espagne, mais il n’est pas toujours la principale langue utilisée en classe. Dans les communautés possédant une langue co-officielle, une partie ou la majorité des enseignements peut être dispensée en catalan, en valencien, en basque ou en galicien.
À Barcelone, par exemple, le catalan occupe une place centrale dans le système public. Dans la Communauté valencienne, la répartition entre valencien et castillan dépend du cadre régional et du projet linguistique de l’établissement. Cette situation diffère fortement de la France, où le français demeure la langue principale d’enseignement et où les langues régionales sont généralement proposées en complément.
Avant de choisir une école, il est donc essentiel de vérifier son projet linguistique, notamment lorsque l’enfant ne parle pas encore la langue régionale. Les familles souhaitant conserver un enseignement en français peuvent aussi consulter notre guide consacré aux lycées français en Espagne.
Les matières principales sont relativement similaires dans les deux pays : langues, mathématiques, sciences, histoire-géographie, enseignements artistiques, éducation physique et langues étrangères. En Espagne, le contenu précis des programmes est néanmoins adapté par les communautés autonomes, qui peuvent notamment intégrer leur langue, leur histoire et leur culture régionales.
Les systèmes de notation diffèrent également. En France, les notes sont traditionnellement exprimées sur 20, même si l’évaluation par compétences s’est développée. En Espagne, les résultats peuvent être présentés sous forme d’appréciations et, notamment dans le secondaire, de notes allant généralement de 0 à 10, avec une réussite à partir de 5.
Il serait en revanche réducteur d’affirmer que l’enseignement espagnol est systématiquement plus détendu ou plus participatif que l’enseignement français. Les pratiques pédagogiques varient surtout selon l’établissement, le niveau et les enseignants.
En Espagne, la pause déjeuner est souvent plus tardive qu’en France. Dans les établissements proposant une journée continue, les enfants peuvent déjeuner à la cantine après les cours ou rentrer chez eux. La cantine, appelée comedor escolar, est généralement payante, y compris dans les écoles publiques.
Les activités extrascolaires occupent aussi une place importante dans l’organisation familiale. Sport, musique, langues ou soutien scolaire sont fréquemment proposés par l’établissement ou une association de parents après les cours. Ces services sont le plus souvent facturés séparément.
Dans les écoles publiques espagnoles, les familles doivent généralement acheter les fournitures et parfois les manuels scolaires, même si des aides ou des systèmes de prêt existent selon les régions. Dans les établissements concertados et privés, d’autres dépenses peuvent s’ajouter : équipement numérique, sorties, transport ou activités complémentaires.
L’uniforme est rare dans les écoles publiques, mais il est beaucoup plus fréquent dans les écoles concertadas, privées et internationales. Son coût doit alors être intégré au budget annuel de scolarité. Les modalités variant fortement d’une école à l’autre, il est recommandé de demander la liste complète des frais avant l’inscription.
U enfant français résidant en Espagne peut être scolarisé dans les mêmes conditions qu’un enfant espagnol. Dans le public et le concertado, les démarches sont gérées par la communauté autonome ou la municipalité concernée. La procédure, le calendrier et les critères d’affectation varient donc selon le lieu de résidence et le type d’établissement choisi.
Pour une rentrée en septembre, les demandes d’admission dans les écoles publiques et concertadas sont généralement déposées au printemps. Les dates exactes sont fixées chaque année par les communautés autonomes : il est donc recommandé de consulter suffisamment tôt le portail éducatif de la région dans laquelle la famille souhaite s’installer.
Dans le privé et les établissements internationaux, les inscriptions sont gérées directement par chaque école. Elles peuvent commencer plusieurs mois avant la rentrée et rester ouvertes tant que des places sont disponibles. Certains établissements demandés disposent toutefois de listes d’attente.
La liste varie selon la région et l’établissement, mais les familles doivent généralement présenter :
Une traduction officielle de certains documents scolaires peut être demandée, notamment pour une inscription dans les niveaux supérieurs. Il est préférable de vérifier la liste exacte auprès de l’administration régionale ou de l’établissement avant de constituer le dossier.
L’empadronamiento correspond à l’inscription de la famille au registre des habitants de sa commune espagnole. Ce document sert à justifier le domicile et joue un rôle important dans l’attribution d’une place au sein d’une école publique ou concertada.
Lorsque les demandes sont plus nombreuses que les places disponibles, un barème peut notamment tenir compte de la proximité entre le domicile et l’école, de la présence d’un frère ou d’une sœur dans l’établissement, des revenus du foyer ou de certaines situations familiales. Acheter ou louer un logement dans un quartier donné ne garantit donc pas systématiquement une place dans l’école souhaitée. Le ministère espagnol présente les principes généraux de scolarisation dans les établissements publics et concertados.
Le choix de l’école doit ainsi être anticipé au moment de préparer son expatriation en Espagne, car il peut directement influencer celui de la ville, du quartier et du logement.
Une inscription reste possible après la rentrée ou en cours d’année scolaire, notamment lors d’un déménagement depuis la France. La famille doit alors contacter le service de scolarisation de la communauté autonome, la mairie ou l’établissement concerné.
L’administration recherche une place disponible à proximité du domicile, mais l’enfant ne pourra pas nécessairement intégrer l’école initialement souhaitée. Son niveau est généralement déterminé en fonction de son âge et de son parcours scolaire. Des dispositifs de soutien linguistique peuvent également être proposés s’il ne maîtrise pas encore le castillan ou la langue co-officielle de la région.
Aucune homologation n’est normalement nécessaire pour intégrer l’Educación Primaria ou l’ESO jusqu’à un niveau ne conduisant pas encore à l’obtention d’un diplôme espagnol. Les bulletins scolaires et certificats de scolarité français permettent généralement à l’établissement d’identifier la classe correspondant à l’âge et au parcours de l’enfant.
Une procédure d’homologación ou de convalidación peut en revanche être nécessaire pour faire reconnaître officiellement des études secondaires déjà accomplies en France, notamment afin d’intégrer le Bachillerato, une formation professionnelle ou d’obtenir l’équivalence d’un diplôme. Les démarches et documents requis sont détaillés sur le portail du ministère espagnol de l’Éducation consacré à l’homologation des études étrangères.

Le coût de la scolarité en Espagne dépend principalement du type d’établissement choisi, mais aussi de la région, du niveau scolaire et des services utilisés. Même lorsque l’enseignement est gratuit, les familles doivent prévoir plusieurs dépenses annexes. Selon une enquête de l’OCU, le budget scolaire moyen atteint 2 390 € par enfant pour l’année 2025-2026, tous types d’établissements confondus.
Dans les écoles publiques, l’enseignement obligatoire est gratuit. Les familles ne paient donc ni frais d’inscription ni mensualités pour les cours. Elles doivent cependant financer les fournitures, les manuels, la cantine, les activités extrascolaires et, le cas échéant, le transport scolaire.
En tenant compte de l’ensemble de ces dépenses, l’OCU estime le coût moyen d’une scolarité dans le public à 1 221 € par enfant et par an en 2025-2026. Ce montant peut être réduit grâce aux aides régionales, aux bourses de cantine et aux dispositifs de prêt ou de gratuité des manuels scolaires.
Les écoles concertadas sont des établissements privés partiellement financés par les pouvoirs publics. L’enseignement couvert par ce financement doit être gratuit. Dans la pratique, les familles peuvent toutefois être sollicitées pour verser des contributions ou payer des prestations complémentaires : cantine, activités, transport, uniforme ou enseignements supplémentaires.
Ces frais représentent souvent entre 50 et 200 € par mois, mais peuvent être plus élevés selon l’établissement. En incluant toutes les dépenses scolaires, l’OCU évalue le budget moyen à 3 444 € par enfant et par an dans une école concertada.
Les établissements privés fixent librement leurs tarifs. Une école privée espagnole coûte généralement entre 300 et 1 000 € par mois, auxquels peuvent s’ajouter des frais d’inscription et différents services.
Dans une école internationale ou française, les frais de scolarité sont souvent compris entre 5 000 et 20 000 € par an, voire davantage dans certains établissements. Les tarifs varient notamment selon la ville, le programme suivi, le niveau scolaire et les équipements proposés. Pour connaître les établissements disponibles, vous pouvez consulter notre guide consacré aux lycées français en Espagne.
Au-delà des frais de scolarité, le budget peut comprendre :
Pour l’année 2025-2026, les familles utilisant ces services dépensent en moyenne 119 € par mois pour la cantine et 65 € pour les activités extrascolaires. Le coût varie également selon la région : l’OCU estime la dépense annuelle moyenne à 3 188 € par enfant à Madrid, 2 980 € en Catalogne, 2 134 € dans la Communauté valencienne et 1 823 € en Andalousie. Ces chiffres incluent l’ensemble des dépenses scolaires et s’expliquent en partie par la répartition différente des élèves entre établissements publics, concertados et privés. Retrouvez le détail dans l’enquête 2025 de l’OCU sur le coût de la scolarité en Espagne.
Le choix de l’école doit être anticipé avant même de rechercher un logement. La ville, le quartier et l’adresse de résidence peuvent en effet déterminer l’établissement public auquel l’enfant pourra accéder. Il est donc conseillé de comparer plusieurs écoles en tenant compte du projet familial, du budget et des besoins de l’enfant.
La première étape consiste à choisir entre une école publique, concertada, privée, française ou internationale. Une famille qui prévoit de rester durablement en Espagne pourra privilégier le système espagnol afin de faciliter l’intégration de l’enfant. À l’inverse, un établissement français ou international peut être plus adapté en cas de retour prochain en France ou de mobilité régulière entre plusieurs pays.
Dans certaines communautés autonomes, une grande partie des cours peut être dispensée dans une langue régionale. À Barcelone, le catalan occupe ainsi une place centrale dans les établissements publics. Dans la Communauté valencienne, l’enseignement peut être réparti entre le castillan et le valencien selon l’école.
Il est donc essentiel de consulter le projet linguistique de chaque établissement et de se renseigner sur les dispositifs proposés aux élèves qui ne parlent pas encore la langue locale.
Dans les écoles publiques et concertadas, l’affectation dépend généralement d’un barème prenant notamment en compte la proximité du domicile, la présence d’un frère ou d’une sœur dans l’établissement et certaines situations familiales. L’adresse du futur logement peut donc avoir une influence directe sur les possibilités de scolarisation.
Dans les établissements privés, français ou internationaux, l’admission repose généralement sur un dossier, parfois complété par un entretien ou un test de niveau. Il est recommandé de vérifier rapidement les disponibilités, car certaines écoles disposent de longues listes d’attente.
Au-delà des résultats scolaires, il est utile de comparer les méthodes d’enseignement, l’accompagnement linguistique, les effectifs par classe, les équipements et les activités proposées. Les horaires, la présence d’une cantine, le transport scolaire, l’accueil périscolaire et les activités extrascolaires doivent également être compatibles avec l’organisation familiale.
Si possible, visitez plusieurs établissements et échangez avec leur direction ainsi qu’avec d’autres parents. Ces rencontres permettent de mieux comprendre l’ambiance de l’école et les conditions d’intégration des nouveaux élèves.
Le budget ne se limite pas toujours aux frais de scolarité. Il faut également intégrer la cantine, le transport, les fournitures, les manuels, les uniformes, les sorties et les activités extrascolaires. Demandez à chaque établissement une estimation complète des dépenses annuelles avant de prendre une décision.
Pour une école française, vous pouvez consulter notre guide des lycées français en Espagne. Plus largement, le choix de l’établissement doit être intégré dès le début aux différentes étapes de votre expatriation en Espagne.
Le choix de l'école fait partie des nombreux critères à prendre en compte avant une expatriation. Au même titre que le budget, la fiscalité ou le marché immobilier local, il contribue à la réussite de votre projet. Si vous envisagez d'acheter en Espagne, prendre le temps d'étudier le système scolaire vous permettra de choisir un secteur adapté à votre famille et de faciliter votre installation.
Les bases du système éducatif espagnol moderne ont été jetées au XIXe siècle avec la généralisation de l’éducation primaire. La mainmise de l’église sur l’école puis sa manipulation par Francisco Franco pendant la Dictature (1936 – 1977) ont conduit l’école espagnole à prendre du retard sur les autres pays européens.
En France, elle est devenue obligatoire (l’école primaire uniquement) et gratuite grâce à Jules Ferry, en 1881. Puis, obligatoire jusqu’à 16 ans en 1959. En Espagne, le droit à l’éducation 100 % gratuite pour tous les enfants a été octroyé en 1970. Avant cette date, c’est la ley Moyano de 1857 qui régulait l’éducation. Elle était alors obligatoire pour les enfants de 6 à 9 ans et gratuite “pour ceux qui ne pouvaient pas la payer”.
Revenons ensemble sur les différentes réformes du système éducatif espagnol.
Au total, l’Espagne a connu 8 grandes réformes du système éducatif depuis les années 1980.
Pour tenter de faire la lumière sur le système scolaire espagnol, nous avons interviewé trois personnes vivant en Espagne : deux d’entre elles sont Françaises et vivent respectivement aux Canaries et Madrid. La troisième est Espagnole.
Aude Chevallier est basée aux Canaries. Elle vit en Espagne avec ses deux enfants. Ils ont d’abord été scolarisés dans le système français puis ont rejoint le système espagnol.
J’achète en Espagne : Quelles différences majeures existent entre l’éducation nationale française et l’éducation espagnole ?
Aude Chevallier : L’apprentissage de la langue française et de toutes ses complexités peut ralentir la progression des élèves dans le système français. Dans les écoles espagnoles, les élèves ont plus de temps, car la langue est plus facile à apprendre. Ils font plus d’exposés et de travaux de groupe, il me semble. Dans l’école de mes enfants, ils mélangent les matières. Ils peuvent, par exemple, faire un exercice qui leur permet de travailler les mathématiques et l’anglais simultanément.
Par ailleurs, en France, les mêmes sujets sont traités classe après classe pour être approfondis. Le système espagnol a, quant à lui, tendance à passer d’un sujet à l’autre, sans revenir sur le précédent.
J’ai découvert une autre grosse différence : les élèves peuvent être “suspendidos”. Cela veut dire qu’ils ont une deuxième chance de valider une connaissance. Au début, je pensais que cela ne les responsabilisait pas. Au final, cela les oblige à étudier sérieusement, sous peine de repasser des contrôles pendant que leurs camarades jouent dans la cour. Ce système est généralisé à l’ensemble de la scolarité : s’ils n’ont pas le niveau dans une matière en fin d’année scolaire, ils doivent repasser un contrôle dans cette matière. En cas de nouvel échec, ils redoublent.
À savoir aussi : le système espagnol favorise le par cœur dans les petites classes et l’histoire n’est pas enseignée de la même manière qu’en France. Il semblerait que les enfants n’étudient pas du tout l’histoire contemporaine. Je crois qu’il y a un tabou par rapport à la Dictature de Franco.
Existe-t-il une différence de niveau entre le système français et le système espagnol ?
Je dirais que oui. En Espagne, l’objectif, c’est que tous les enfants aient les mêmes bases. Ils apprennent donc les leçons par cœur, même s’ils ne comprennent pas tout. Ce n’est pas forcément une bonne idée. Il existe aussi une différence de niveau entre le public et les « concertados ». J’ai choisi de mettre mes enfants dans un « concertado ». Ces établissements sont plus exigeants.
Penses-tu que tes enfants seront ensuite adaptés au système français s’ils doivent le réintégrer ?
J’ai prévu de les inscrire en bachibac plus tard. Avec le CNED. Sans cela, je pense que l’adaptation serait difficile, notamment parce que le système scolaire espagnol ne valorise pas l’analyse et la réflexion comme en France (le fameux “introduction, développement, conclusion”).
Étudient-ils les mêmes matières qu’en France ?
Mis à part la question de l’enseignement de l’histoire, ils apprennent à peu près la même chose. L’enseignement est, en revanche, centré sur l’Espagne et pas sur la France. C’est logique.
Les journées sont-elles plus légères dans le système espagnol ?
Dans le public oui, ils finissent à 14h tous les jours, je crois. En tout cas, aux Canaries. Dans le « concertado », ils ont le même nombre d’heures qu’en France. Dans les deux cas, les élèves ont très peu de vacances. Mais, les vacances d’été sont, en général, plus longues (à cause de la chaleur).
Si vous voulez qu’Aude vous accompagne pour investir aux Canaries, prenez rendez-vous avec elle en visioconférence. Ce rendez-vous préliminaire est gratuit et sans engagement.
Idoia, une jeune femme espagnole, a également accepté de nous donner son point de vue sur le système scolaire de son pays. Voici ce qu’il faut retenir de notre entretien avec elle :
J’achète en Espagne : Quelles sont les forces de la scolarité en Espagne ?
Idoia : Le système éducatif en Espagne est démocratique et ne laisse personne de côté. C’est son premier point fort. Il garantit l’attention à la diversité, la gratuité de la scolarité, l’accès à des enseignants qualifiés, la formation continue pour les enseignants, des bourses d’études, un taux élevé de scolarisation, la parité entre le nombre d’élèves masculins et féminins, l’autonomie des établissements, etc. L’école espagnole a beaucoup d’atouts, même si elle a une marge de progression.
Quelles sont ses faiblesses ?
Sous-financement, structure et modèle éducatif datant du XIXe siècle, classes surchargées, manque d’enseignants, taux d’abandon scolaire élevé, nombre excessif d’élèves avec des lacunes, réformes législatives incohérentes, etc. Voilà mon point de vue. Autrement dit, le système éducatif espagnol peut encore s’améliorer.
Comment fonctionnent les examens jusqu’à la fin du bachillerato ?
Jusqu’à la Selectividad (l’examen d’entrée à l’université en Espagne), il y a des évaluations régulières dans chaque matière tout au long de la scolarité, ainsi qu’à chaque fin de cycle. Ce sont des épreuves écrites, des épreuves de compréhension orale et écrite, des épreuves d’expression orale et écrite. Leur objectif est de vérifier que les élèves ont acquis les compétences et les connaissances nécessaires.
Quelles sont, selon toi, les différences principales entre les écoles publiques et privées ?
Les écoles publiques sont ouvertes à tous, interculturelles et démocratiques, tandis que les écoles privées sélectionnent les élèves en fonction de leur capacité financière et/ou de leurs convictions religieuses.
Les écoles publiques ont une autonomie plus limitée que les écoles privées. Elles proposent une éducation gratuite, de qualité, égalitaire et diversifiée. Les écoles privées, elles, peuvent avoir des valeurs non constitutionnelles, manquer de diversité et proposer des postes à des enseignants non formés. À mon sens, les écoles publiques garantissent un meilleur apprentissage.
Merci pour ces éclairages Idoia.
Quelles sont les forces du système scolaire espagnol ?
Le système scolaire espagnol, en tout cas dans la région de Madrid, a une grande force : il propose une offre très ample. Depuis de petites écoles de quartiers très familiales à de grandes écoles privées très «selects». Il y en a pour tous les goûts (et tous les prix !)
Ensuite, je dirais qu’en général, les professeurs sont assez impliqués. Il faut aussi savoir que l’enseignement de l’anglais est vraiment très présent dans la région de Madrid, avec l’implantation du système bilingue dans la majorité des écoles publiques et sous contrat, ainsi que les nouvelles technologies. Les écoles ici sont bilingues depuis la maternelle ! Mon aînée de six ans, quant à elle, a commencé à apprendre les bases de la programmation informatique, ce que je trouve fantastique.
Quelles sont ses faiblesses ?
Personnellement, je trouve que le manque de moyens se ressent parfois dans les écoles publiques. Mes enfants sont chanceux, notre école publique est dotée de 30 tablettes, d’ordinateurs et de plusieurs robots, mais ce n’est pas le cas de toutes les écoles.
Les journées sont-elles plus légères dans le système espagnol ?
Je dirais qu’elles sont plus adaptées au rythme des enfants. Dans notre cas, mes deux filles vont à l’école jusqu’à 14 h 00, ce qui leur permet de se reposer l’après-midi et d’avoir d’autres activités. Je vois une grande différence par rapport au rythme que j’avais lorsque je vivais en France en étant enfant ! J’allais à l’école de 08 h 00 à 18 h 00. En France, la durée de la semaine scolaire des élèves est fixée à vingt-quatre heures. En Espagne, à vingt-cinq, ce qui revient quasiment au même ! Elles sont juste réparties différemment.
Vois-tu une différence de niveau entre les deux systèmes ?
Par rapport au niveau, j’ai l’impression qu’il est similaire (en tout cas le niveau scolaire de Madrid par rapport au niveau dans le Pas-de-Calais, d’où je viens). Je pense qu’il dépend beaucoup de l’appui que les enfants reçoivent à la maison, et donc du niveau socioculturel des autres enfants de l’école, mais j’imagine que cela est aussi le cas en France.
Privé ou public ?
Mes filles ont commencé dans une école sous contrat (un concertado) et lorsque nous avons déménagé, l’école publique dans notre nouvelle ville m’a réellement plu. Du concertado, je retiens qu’en général, les enfants sont d’un niveau légèrement supérieur, mais je préfère la proximité du public. À mon sens, le port de l’uniforme dans les écoles privées ou semi-privées peut bloquer certains enfants. Je dois ajouter que 100 % des écoles privées à Madrid sont élitistes et je ne me sentais pas à l’aise avec cela.
Quel est ton bilan général ?
Pour ma part, je suis très heureuse que mes filles soient dans le système public espagnol. Je pense aussi que de nombreux parents français seraient étonnés des avancées et de la liberté du système espagnol !
Maintenant que vous avez lu ces trois points de vue, vous êtes en mesure de vous forger une opinion éclairée.