
Avec ses plages méditerranéennes, ses îles, son patrimoine, sa gastronomie et des villes comme Madrid, Barcelone, Valence, Málaga ou Séville, l’Espagne fait depuis longtemps partie des principales destinations touristiques mondiales. Mais le tourisme en Espagne pourrait atteindre un nouveau sommet en 2026.
Le chiffre à retenir est celui des 100 millions de visiteurs internationaux.
L’Espagne en est déjà très proche. Selon les données officielles de l’Institut national de statistique espagnol (INE), le pays a accueilli 96,8 millions de touristes internationaux en 2025, contre 93,8 millions en 2024 et 83,5 millions en 2019. Il s’agissait déjà du niveau le plus élevé jamais enregistré.
En 2026, la croissance se poursuit. Les données disponibles pour les premiers mois de l’année placent désormais le franchissement du seuil symbolique des 100 millions de touristes sur l’ensemble de l’année à portée de main.
Cette évolution dépasse largement la seule question du nombre de vacanciers. Les dépenses augmentent, les clientèles évoluent, le tourisme de luxe en Espagne se développe et certaines destinations cherchent à attirer davantage de voyageurs en dehors de la haute saison.
Pour ceux qui envisagent d’acheter un bien immobilier en Espagne, cette dynamique mérite également d’être observée. Une fréquentation touristique élevée peut soutenir la demande locative dans certaines villes et régions, même si la rentabilité d'un investissement dépend toujours du prix d'achat, de l'emplacement et de la réglementation locale.
L’autre tendance majeure du tourisme en Espagne en 2026 concerne les dépenses.
Durant les cinq premiers mois de l’année, les dépenses des touristes internationaux ont progressé de 7,8 % pour dépasser 50,2 milliards d’euros, alors que le nombre de visiteurs augmentait de 5 %. Cette évolution est détaillée dans les prévisions publiées par le ministère espagnol de l’Industrie et du Tourisme.
C'est une différence importante. L’Espagne ne cherche plus seulement à augmenter continuellement le nombre de visiteurs. Sa stratégie consiste également à augmenter la valeur générée par chaque séjour, à mieux répartir les voyageurs sur le territoire et à réduire la dépendance à la seule haute saison estivale.
Cette évolution favorise notamment :
Le gouvernement espagnol souligne d'ailleurs que les dépenses touristiques devraient progresser plus rapidement que les arrivées pendant l'été 2026. Cette orientation vers un tourisme à plus forte valeur ajoutée peut également avoir des conséquences sur le marché immobilier des destinations concernées.
Le tourisme international en Espagne reste très largement porté par les visiteurs européens. Sur les six premiers mois de 2026, le Royaume-Uni arrive nettement en tête avec plus de 9,3 millions de touristes, soit une progression de 4,3 % sur un an. L’Allemagne suit avec près de 5,7 millions de visiteurs, devant la France, qui dépasse 5,6 millions de touristes. (INE – FRONTUR, juin 2026)
La France occupe donc une place particulièrement importante dans les flux touristiques vers l’Espagne. Entre janvier et mai 2026, plus de 4,6 millions de Français avaient déjà visité le pays, en hausse de 1,5 % par rapport à la même période de 2025. Sur le seul mois de mai, les arrivées françaises ont progressé de 11,1 %, pour atteindre environ 1,3 million de visiteurs. (INE – FRONTUR, mai 2026)
Cette forte présence britannique, allemande et française constitue un avantage structurel pour le tourisme espagnol : ces marchés sont proches, bien desservis et relativement fidèles à la destination.
La clientèle ne se limite toutefois plus aux seuls Européens. Les visiteurs en provenance des États-Unis continuent notamment de progresser rapidement : plus de 5,1 millions de touristes américains ont été comptabilisés sur les six premiers mois de 2026, soit une hausse de 11 % sur un an. Cette montée des clientèles long-courriers est particulièrement intéressante pour les destinations urbaines et haut de gamme, car elles tendent à afficher des niveaux de dépenses plus élevés. (INE – FRONTUR, juin 2026)
Cette évolution participe aussi au développement du tourisme de luxe en Espagne, notamment à Madrid, Barcelone, Marbella, aux Baléares et dans certaines stations de la Costa del Sol.
La croissance du tourisme en Espagne ne se répartit pas uniformément sur le territoire. La Catalogne, les Canaries et l’Andalousie restent les trois communautés qui accueillent le plus de visiteurs internationaux, mais certaines destinations progressent beaucoup plus rapidement que la moyenne nationale.
Sur les six premiers mois de 2026, l’Espagne a accueilli près de 46,6 millions de touristes internationaux, soit 4,6 % de plus qu’un an auparavant. La Catalogne arrive en tête avec 9,6 millions de visiteurs, devant les Canaries (7,8 millions) et l’Andalousie (7,3 millions). La Communauté valencienne et Madrid enregistrent toutefois des progressions particulièrement fortes. Source : INE – FRONTUR, juin 2026
Ces chiffres font apparaître deux réalités : les destinations historiques conservent des volumes considérables, tandis que Madrid, la Communauté valencienne et l’Andalousie figurent parmi les territoires qui gagnent actuellement le plus de visiteurs.
Avec près de 9,6 millions de touristes internationaux accueillis au premier semestre 2026, la Catalogne reste la première communauté touristique espagnole. La fréquentation progresse encore de 3,5 % par rapport à la même période de 2025.
Barcelone joue évidemment un rôle central dans cette attractivité. La ville cumule plusieurs formes de tourisme : séjours urbains, patrimoine et architecture, gastronomie, tourisme d'affaires, croisières, événements internationaux et clientèle haut de gamme.
La Catalogne bénéficie aussi de destinations balnéaires comme la Costa Brava et la Costa Daurada. Cette diversité lui permet d'attirer des visiteurs aux profils très différents, bien au-delà de la seule saison estivale. Cette popularité a néanmoins conduit Barcelone à renforcer progressivement l'encadrement de la location touristique. C'est un point important à garder à l'esprit : une très forte fréquentation touristique ne signifie pas nécessairement qu'une destination soit la plus adaptée à tous les projets immobiliers ou locatifs.
Pour les personnes qui s'intéressent au marché résidentiel catalan, notre agence immobilière à Barcelone permet notamment d'appréhender les différences importantes entre les quartiers de Barcelone et les autres secteurs de Catalogne.
L'Andalousie fait partie des grandes gagnantes du début d'année. Elle a accueilli environ 7,3 millions de touristes internationaux entre janvier et juin 2026, soit 7,9 % de plus qu'en 2025. En juin seulement, la progression atteint 7,4 %. Source : INE
Son principal atout est la diversité de son offre. Séville, Cordoue ou Grenade attirent pour leur patrimoine et leur culture, tandis que Málaga et la Costa del Sol concentrent une importante fréquentation balnéaire et résidentielle. L'Andalousie attire aussi de plus en plus de footballers.
La région bénéficie également de l'essor du tourisme de luxe en Espagne. Marbella en est probablement l'exemple le plus emblématique, avec une offre particulièrement développée autour de l'hôtellerie haut de gamme, de la gastronomie, du golf, des marinas et des services premium. Cette combinaison entre tourisme international et attractivité résidentielle explique également pourquoi la Costa del Sol attire depuis longtemps des propriétaires étrangers. Pour approfondir cette destination, nous avons notamment consacré un comparatif à la Costa del Sol et la Costa Blanca.
La Communauté valencienne est l'une des destinations à suivre en 2026. Plus de 6 millions de touristes internationaux l'ont visitée au cours du premier semestre, soit une hausse de 8,7 % en un an. Source : INE
La région bénéficie de plusieurs pôles touristiques complémentaires. Valence s'est imposée comme une destination de city-break à part entière grâce à son centre historique, sa gastronomie, ses plages et la Cité des arts et des sciences. Plus au sud, Alicante et la Costa Blanca restent particulièrement appréciées des clientèles européennes pour les séjours balnéaires et de longue durée.
Cette double attractivité, touristique mais aussi résidentielle, distingue la Communauté valencienne de certaines destinations essentiellement saisonnières. De nombreux étrangers y viennent en vacances avant d'envisager des séjours plus longs, voire une installation.
Les marchés immobiliers sont néanmoins très différents entre Valence, Alicante, Benidorm ou les différentes communes de la Costa Blanca. Nos équipes locales sont présentes notamment via notre agence immobilière à Valence et notre agence immobilière à Alicante.
Madrid ne possède ni plages ni stations balnéaires, mais c'est pourtant l'une des destinations qui progressent le plus rapidement en 2026. La Communauté de Madrid a accueilli plus de 5 millions de touristes internationaux au premier semestre, en hausse de 9,4 % sur un an. En juin, la progression atteignait même 13,9 %.
Cette croissance illustre la diversification du tourisme espagnol. Madrid attire pour ses musées, sa gastronomie, son offre culturelle, ses événements et son tourisme d'affaires, mais également de plus en plus pour son offre haut de gamme.
La capitale participe ainsi pleinement à la montée du tourisme de luxe en Espagne, avec une multiplication des hôtels cinq étoiles, des boutiques internationales et des expériences premium. Surtout, Madrid fonctionne largement toute l'année. Elle est donc moins dépendante de la saison estivale que de nombreuses destinations côtières, ce qui constitue l'une des particularités de son marché touristique.
Les Baléares et les Canaries restent incontournables pour comprendre le tourisme en Espagne.
Les Canaries ont accueilli près de 7,8 millions de touristes internationaux au premier semestre 2026. Leur fréquentation recule très légèrement (-0,6 %), mais le volume reste considérable. Les îles disposent surtout d'un avantage majeur : leur climat leur permet de conserver une activité touristique importante pendant l'hiver européen.
Les Baléares totalisent de leur côté environ 6,6 millions de visiteurs internationaux sur les six premiers mois de l'année, en progression de 2,5 %. En juin, elles constituent même la première destination espagnole, en accueillant 23,3 % de tous les touristes internationaux arrivés dans le pays ce mois-là.
Majorque et Ibiza illustrent également l'évolution vers un tourisme à plus forte valeur ajoutée, notamment dans l'hôtellerie, la restauration et les expériences haut de gamme.
Ces îles concentrent toutefois aussi certains des enjeux liés au tourisme de masse en Espagne : pression sur les logements, saturation saisonnière de certaines zones et volonté des autorités locales de mieux encadrer les flux touristiques.
La principale tendance de 2026 n'est donc pas simplement que les destinations espagnoles accueillent davantage de visiteurs. La croissance se diffuse vers des territoires et des formes de tourisme plus diversifiés.
Barcelone et les îles restent des poids lourds, mais Madrid progresse rapidement, l'Andalousie continue de gagner des visiteurs et la Communauté valencienne confirme son attractivité. Parallèlement, les voyageurs s'intéressent davantage aux villes secondaires, à l'arrière-pays, au tourisme rural et aux séjours en dehors des mois de juillet et août.
Cette diversification est plutôt favorable à l'Espagne : elle permet de mieux répartir les retombées économiques du tourisme sur le territoire et sur l'année, tout en offrant aux visiteurs des alternatives aux destinations traditionnellement les plus fréquentées.
La croissance du tourisme en Espagne constitue un signal intéressant pour le marché immobilier, en particulier dans les villes et régions qui attirent durablement une clientèle internationale. Avec près de 100 millions de visiteurs étrangers accueillis chaque année et des dépenses touristiques en progression, l’Espagne bénéficie d’un bassin de voyageurs particulièrement important.
Pour autant, forte fréquentation touristique et bon investissement immobilier ne sont pas synonymes. Le potentiel d’un bien dépend de son prix d’achat, de son emplacement, du type de location envisagé, de la saisonnalité et, de plus en plus, de la réglementation locale.
La dynamique touristique doit donc être considérée comme l’un des critères à analyser avant un investissement locatif en Espagne, et non comme une garantie de rentabilité.
Le premier effet du tourisme sur l’immobilier est assez direct : les voyageurs ont besoin de se loger.
Si l’hôtel reste le premier mode d’hébergement marchand, les logements loués occupent une place importante. En mai 2026, environ 1,26 million de touristes internationaux ont séjourné principalement dans un logement loué, soit une progression de 26 % par rapport à mai 2025. Sur les cinq premiers mois de l’année, ils étaient plus de 5 millions, en hausse de 10,9 %. Source : INE – FRONTUR, mai 2026
Cette demande ne se limite d'ailleurs plus aux locations de quelques nuits. L'Espagne accueille également des visiteurs qui restent plusieurs semaines ou plusieurs mois : télétravailleurs, retraités européens, étudiants internationaux, professionnels en mobilité ou propriétaires qui partagent leur temps entre plusieurs pays.
Cette diversité peut permettre à certains marchés de ne pas dépendre exclusivement de la haute saison. Madrid, Barcelone, Valence ou Málaga, par exemple, combinent tourisme de loisirs, déplacements professionnels et séjours de moyenne durée.
C'est un élément à intégrer lorsqu'on étudie un investissement locatif en Espagne : selon la ville et le bien, la location touristique n'est pas nécessairement la seule stratégie possible.
Le tourisme espagnol entretient également une relation particulière avec le marché des résidences secondaires.
Pour de nombreux acheteurs étrangers, notamment français, l'objectif n'est pas nécessairement d'acquérir un logement exclusivement destiné à la location. Le bien peut d'abord servir de résidence secondaire, puis être loué pendant certaines périodes où son propriétaire ne l'occupe pas.
La proximité avec la France facilite particulièrement ce type d'usage. Barcelone et la Catalogne sont accessibles en voiture ou en train, tandis que Valence, Alicante, Málaga, Madrid ou les Baléares disposent de nombreuses liaisons aériennes avec les principales villes françaises.
Cette possibilité de conjuguer plaisir personnel et valorisation du bien pendant les périodes d'inoccupation fait partie des raisons qui peuvent conduire à acheter une propriété en Espagne.
Elle nécessite néanmoins de vérifier en amont les conditions dans lesquelles le logement pourra être loué. Dans certaines villes, la location touristique est fortement encadrée, voire limitée dans certains secteurs.
L'essor du tourisme de luxe en Espagne constitue une autre tendance intéressante pour certains marchés immobiliers.
L'enjeu n'est plus uniquement le nombre de visiteurs. Comme nous l'avons vu, les dépenses touristiques progressent plus rapidement que les arrivées : entre janvier et mai 2026, elles ont augmenté de 7,8 %, contre 5 % pour le nombre de touristes internationaux.
Cette montée en gamme se retrouve particulièrement à Madrid, Barcelone, Marbella, Ibiza ou Majorque, où l'hôtellerie de luxe, la gastronomie, le shopping et les services premium occupent une place croissante.
Elle peut également créer une demande pour des logements répondant à des critères plus exigeants : emplacement central ou vue mer, extérieur, piscine, prestations de qualité, résidence avec services ou encore proximité des quartiers les plus recherchés.
Le phénomène reste évidemment très localisé. Un marché haut de gamme ne se définit pas uniquement par un prix au mètre carré élevé : il dépend aussi de la rareté des biens, de l'emplacement et du profil de la clientèle internationale.
L'un des enjeux historiques du tourisme de masse en Espagne réside dans sa concentration pendant les mois d'été. Or, plusieurs tendances contribuent progressivement à étaler les séjours sur une plus grande partie de l'année.
Les fortes températures estivales encouragent certains voyageurs à privilégier le printemps ou l'automne. Le développement du tourisme urbain, gastronomique, culturel et sportif attire également des visiteurs en dehors de juillet et août.
Certaines destinations bénéficient naturellement davantage de cette désaisonnalisation. Les Canaries disposent d'une activité hivernale très importante grâce à leur climat. Madrid fonctionne toute l'année. Málaga et la Costa del Sol bénéficient également d'un climat doux et d'une offre qui dépasse largement le seul tourisme balnéaire.
Pour un propriétaire, une demande répartie sur plusieurs mois est généralement plus intéressante qu'une fréquentation extrêmement élevée mais concentrée sur quelques semaines. C'est donc la structure de la fréquentation touristique, autant que son volume, qu'il faut observer.
Les chiffres records du tourisme espagnol peuvent être attractifs, mais ils ne doivent pas devenir le seul critère d'une décision immobilière.
Barcelone en fournit un bon exemple : la Catalogne est la première destination touristique d'Espagne, mais Barcelone applique parallèlement une politique particulièrement restrictive concernant les logements touristiques. À l'inverse, d'autres marchés peuvent accueillir moins de visiteurs tout en offrant un meilleur équilibre entre prix d'acquisition, demande locative et possibilités de location.
Avant un achat, plusieurs éléments doivent donc être étudiés conjointement : prix au mètre carré, niveau des loyers, saisonnalité, réglementation, fiscalité, charges et profil des locataires recherchés.
Il est notamment indispensable de vérifier les règles locales avant d'acheter un logement avec l'objectif de le proposer en courte durée. Notre guide consacré à la location touristique en Espagne revient en détail sur ces évolutions.
La croissance du tourisme constitue ainsi un facteur favorable parmi d'autres. Le véritable enjeu consiste à identifier les villes — et surtout les quartiers — où l'attractivité touristique s'accompagne de fondamentaux immobiliers cohérents avec le projet envisagé.