Immatriculation en Espagne : comment immatriculer une voiture française ?
Les démarches pour immatriculer un véhicule en Espagne : obligations des résidents, certificat de conformité, contrôle technique, taxes, demande auprès de la DGT et points à vérifier avant de circuler, pour avancer sereinement.
Publié le
26/1/2026
- Mis à jour le
17/8/2026
En résumé :
Si vous vous installez durablement en Espagne avec une voiture française, vous devez en principe la faire immatriculer en Espagne. La procédure consiste à obtenir une fiche ITV espagnole, justifier le paiement ou l’exonération des taxes, déposer la demande auprès de la DGT, poser les nouvelles plaques et assurer le véhicule. Une exonération de la taxe d’immatriculation est possible lors d’un transfert de résidence, sous plusieurs conditions et dans un délai précis.
Quand faut-il immatriculer une voiture française en Espagne ?
Vous devez immatriculer votre voiture en Espagne lorsqu’elle est destinée à y être utilisée de manière permanente et que votre résidence normale se trouve désormais dans le pays. En revanche, si votre séjour est temporaire et que votre résidence habituelle reste en France, vous pouvez généralement conserver votre immatriculation française.
Il faut distinguer la résidence normale de la résidence fiscale. La résidence normale correspond au lieu où se situe le centre habituel de votre vie personnelle et professionnelle. Le portail officiel de l’Union européenne retient généralement une présence de plus de 185 jours par année civile, mais tient également compte des attaches personnelles et professionnelles. De son côté, la résidence fiscale répond à des critères spécifiques, notamment la règle des 183 jours. Notre fiche consacrée à la résidence fiscale en Espagne permet d’approfondir cette distinction.
Selon votre situation :
Vous vous installez durablement en Espagne : votre véhicule doit en principe être immatriculé en Espagne.
Vous séjournez temporairement en Espagne : vous pouvez conserver vos plaques françaises si votre résidence normale reste en France.
Vous partagez votre temps entre les deux pays : il faut déterminer où se trouve réellement votre résidence normale et pouvoir la justifier en cas de contrôle.
Vous utilisez un véhicule professionnel ou de société : des règles particulières peuvent s’appliquer selon l’employeur, le pays d’immatriculation et l’usage du véhicule.
La simple propriété d’une résidence secondaire en Espagne ne suffit donc pas, à elle seule, à imposer une immatriculation espagnole. L’administration tient compte de la situation réelle : durée et fréquence des séjours, domicile habituel, lieu de travail, attaches familiales et utilisation permanente ou temporaire du véhicule.
Le portail officiel de l’Union européenne recommande aux personnes qui circulent temporairement avec une plaque étrangère de conserver dans le véhicule :
le certificat d’immatriculation français ;
un document prouvant la propriété du véhicule ;
une attestation d’assurance valable en Espagne ;
un contrôle technique en cours de validité ;
une preuve de leur résidence normale en France.
Dans quel délai faut-il demander l’immatriculation espagnole ?
Le délai général est de 30 jours à compter du début de l’utilisation du véhicule en Espagne. Il peut être porté à 60 jours lorsque le véhicule est introduit à la suite d’un transfert de résidence et que les conditions de l’exonération fiscale correspondante sont remplies.
Cette extension à 60 jours n’est donc pas automatique pour tous les propriétaires de véhicules étrangers. Elle dépend de la situation personnelle, de l’utilisation antérieure du véhicule et du respect des conditions prévues par la législation fiscale espagnole. L’Agencia Tributaria précise que le délai ordinaire de 30 jours est prolongé dans le cadre d’un transfert de résidence ouvrant droit à l’exonération.
Il est conseillé d’engager les démarches dès l’arrivée en Espagne. L’obtention du certificat de conformité, le rendez-vous à l’ITV et le traitement du dossier fiscal peuvent prendre du temps. Circuler au-delà du délai applicable avec des plaques françaises peut entraîner une régularisation fiscale, une sanction ou l’immobilisation du véhicule.
Quels documents faut-il préparer pour immatriculer une voiture française en Espagne ?
Pour immatriculer une voiture française en Espagne, vous devez réunir les documents qui prouvent votre identité, votre domicile espagnol, la propriété du véhicule et sa conformité technique. Préparez les originaux ainsi que des copies lisibles avant le rendez-vous à l’ITV et le dépôt du dossier auprès de la DGT.
Document
À quoi sert-il ?
Où est-il demandé ?
Carte d’identité ou passeport
Identifier le demandeur
Fiscalité et DGT
NIE
Identifier un ressortissant étranger
Fiscalité et DGT
Justificatif de domicile espagnol
Déterminer la commune et la province compétentes
Mairie et DGT
Carte grise française originale
Identifier le véhicule et son titulaire
ITV et DGT
Certificat de conformité ou fiche réduite
Prouver l’homologation du véhicule
ITV
Facture ou contrat de vente
Justifier la propriété du véhicule
ITV, fiscalité et DGT
Fiche technique ITV espagnole
Confirmer la conformité technique
DGT
Justificatifs fiscaux
Prouver le paiement ou l’exonération des taxes
DGT
Formulaire et preuve de paiement de la taxe DGT
Enregistrer la demande définitive
DGT
Quels documents personnels faut-il fournir ?
Vous devez présenter une pièce d’identité en cours de validité et votre numéro d’identification des étrangers. Le NIE ne constitue pas un titre de séjour ni une preuve de domicile : il sert à vous identifier auprès des administrations espagnoles.
Si vous ne disposez pas encore de ce numéro, consultez notre guide expliquant comment obtenir son NIE en Espagne. Il est préférable d’anticiper cette démarche, car le NIE sera également utile pour les formalités fiscales et municipales liées au véhicule.
La DGT peut également demander un document attestant votre adresse en Espagne. Selon votre situation et la province, il peut s’agir notamment :
d’un certificat d’empadronamiento récent ;
d’une carte ou d’un certificat de résidence ;
d’un document officiel faisant apparaître votre adresse espagnole ;
d’une autorisation de consultation de vos données de résidence par l’administration.
L’empadronamiento en Espagne correspond à l’inscription au registre des habitants de votre commune. Il permet d’attester officiellement votre domicile, mais ne doit pas être confondu avec le NIE.
Quels documents relatifs au véhicule faut-il réunir ?
La carte grise française originale est indispensable. Si le certificat d’immatriculation comporte plusieurs parties, conservez l’ensemble des documents. Les informations relatives au titulaire, au numéro de châssis et aux caractéristiques techniques doivent correspondre au véhicule présenté.
Vous devez également fournir une preuve de propriété :
Si le véhicule vous appartenait avant votre installation en Espagne : la carte grise établie à votre nom et les documents originaux du véhicule seront nécessaires.
Si vous avez acheté le véhicule à un professionnel : présentez la facture mentionnant notamment les coordonnées du vendeur et son numéro de TVA.
Si vous l’avez acheté à un particulier : fournissez le contrat de vente. Une traduction en espagnol et le justificatif de l’impôt sur les transmissions patrimoniales peuvent être demandés.
Le numéro de châssis inscrit sur les documents doit être parfaitement identique à celui du véhicule. Une erreur, même mineure, peut bloquer l’émission de la fiche ITV espagnole ou le traitement du dossier par la DGT.
Le certificat de conformité européen est-il obligatoire ?
Le certificat de conformité européen, couramment appelé COC, est le document le plus simple pour démontrer que le véhicule respecte une homologation européenne. Il indique notamment :
le numéro d’identification du véhicule ;
la marque, le type et le modèle ;
le numéro d’homologation européenne ;
les caractéristiques techniques ;
les émissions de CO₂ ;
les dimensions et les pneumatiques homologués.
Le COC peut être demandé au constructeur automobile ou à son représentant officiel. Il est conseillé de lancer cette demande avant le départ pour l’Espagne, car son obtention peut nécessiter plusieurs semaines.
Que faire si le certificat de conformité est introuvable ?
L’absence de COC ne rend pas toujours l’immatriculation impossible. La DGT indique qu’une fiche réduite, appelée ficha reducida, peut être acceptée pour obtenir la fiche technique ITV espagnole. Elle doit être établie par un professionnel habilité et reprendre les caractéristiques techniques nécessaires à l’identification du véhicule.
La situation peut toutefois être plus complexe lorsque le véhicule :
est ancien et ne possède pas d’homologation européenne ;
a subi des transformations ;
comporte des équipements non conformes à sa configuration d’origine ;
présente des différences entre ses documents et ses caractéristiques réelles ;
a été importé initialement d’un pays situé hors de l’Union européenne.
Une homologation par équivalence ou une homologation individuelle peut alors être nécessaire. Avant d’engager des frais, contactez une station ITV habilitée à traiter les véhicules provenant de l’étranger et transmettez-lui une copie des documents techniques.
Enfin, conservez tous les justificatifs obtenus pendant la procédure : fiche ITV, preuves de paiement, décisions d’exonération et récépissés administratifs. Ils seront nécessaires pour constituer le dossier définitif d’immatriculation.
Comment immatriculer un véhicule français en Espagne étape par étape ?
L’immatriculation d’une voiture française en Espagne suit un ordre précis : préparer le transfert du véhicule, obtenir la fiche ITV espagnole, régulariser les taxes, payer l’impôt municipal, déposer le dossier auprès de la DGT puis faire fabriquer les plaques. Une étape réalisée dans le désordre peut retarder toute la procédure.
1. Vérifier les formalités françaises avant le départ
Avant de transférer définitivement le véhicule, vérifiez les formalités applicables auprès de France Titres, anciennement ANTS. La DGT espagnole demande que la situation du véhicule dans son pays d’origine soit compatible avec son exportation.
Ne remettez pas et ne faites pas annuler prématurément les documents originaux : la carte grise française sera nécessaire lors du contrôle technique espagnol et de la demande d’immatriculation.
Avant le départ, contrôlez également que :
la carte grise est bien établie au nom de la personne qui demandera l’immatriculation espagnole ;
le numéro de châssis correspond aux documents ;
le certificat de conformité européen est disponible ;
le contrôle technique et l’assurance permettent le déplacement du véhicule ;
les éventuelles modifications du véhicule sont correctement documentées.
Conservez une copie numérique de chaque document, en complément des originaux.
2. Passer l’ITV pour obtenir la fiche technique espagnole
La deuxième étape consiste à présenter la voiture dans une station ITV autorisée à traiter les véhicules provenant de l’étranger. Il ne s’agit pas d’un simple contrôle technique périodique, mais d’une inspection destinée à établir une fiche technique espagnole.
Lors de la prise de rendez-vous, indiquez clairement votre situation :
matriculación de un vehículo procedente de la Unión Europea pour un véhicule provenant d’un pays de l’Union européenne ;
traslado de residencia si le véhicule vous appartenait avant votre installation en Espagne et accompagne votre changement de résidence.
Le centre ITV vérifiera notamment :
le numéro de châssis ;
les caractéristiques techniques du véhicule ;
sa conformité avec le certificat européen ou la fiche réduite ;
les émissions de CO₂ ;
les éventuelles transformations ;
les équipements de sécurité et l’état général du véhicule.
Vous devrez généralement présenter la carte grise française, le certificat de conformité européen ou la fiche réduite et, lorsque le titulaire a changé, la facture ou le contrat de vente.
Si le véhicule satisfait aux exigences, la station remet une fiche technique ITV espagnole. Ce document sera indispensable pour poursuivre la procédure auprès des administrations fiscales et de la DGT.
3. Payer la taxe d’immatriculation ou faire reconnaître une exonération
Une fois la fiche ITV obtenue, vous devez régulariser la situation fiscale du véhicule auprès de l’Agencia Tributaria.
Selon votre situation, vous devrez fournir le justificatif correspondant à l’un des formulaires suivants :
Modelo 576 : autoliquidation de l’impôt spécial sur certains moyens de transport lorsque la taxe est due ;
Modelo 06 : déclaration d’un cas d’exonération ou de non-assujettissement ne nécessitant pas de reconnaissance préalable ;
Modelo 05 : demande de reconnaissance préalable pour certains cas particuliers d’exonération, de non-assujettissement ou de réduction.
Le formulaire applicable dépend notamment de l’origine du véhicule, de son ancienneté, de ses émissions de CO₂, de la date d’acquisition et de l’existence éventuelle d’un transfert de résidence.
Si le véhicule a été acheté récemment dans un autre pays de l’Union européenne, d’autres justificatifs fiscaux peuvent être nécessaires :
preuve du paiement de la TVA pour un véhicule considéré comme neuf ;
facture comportant le numéro de TVA du vendeur professionnel ;
contrat de vente et justificatif de l’impôt sur les transmissions patrimoniales pour un achat entre particuliers.
Conservez le justificatif de paiement, de non-assujettissement ou d’exonération : il devra être intégré au dossier remis à la DGT.
4. Régler l’impôt municipal de circulation
Vous devez ensuite payer l’IVTM, ou Impuesto sobre Vehículos de Tracción Mecánica, auprès de l’ayuntamiento de votre domicile espagnol.
Cette taxe municipale est due chaque année. Son montant dépend notamment :
de la commune ;
de la puissance fiscale du véhicule ;
de sa catégorie ;
des éventuels avantages accordés aux véhicules moins polluants.
Les modalités ne sont pas identiques dans toutes les villes. Le premier paiement peut être réalisé auprès du service fiscal de la mairie ou sur sa plateforme en ligne. Certaines communes exigent que le propriétaire soit préalablement inscrit au padrón.
Demandez et conservez le justificatif de paiement ou d’exonération. La DGT le réclamera pour finaliser l’immatriculation.
5. Déposer la demande d’immatriculation auprès de la DGT
Lorsque l’ITV et les formalités fiscales sont terminées, vous pouvez demander l’immatriculation définitive auprès de la Dirección General de Tráfico.
La démarche peut être effectuée :
en ligne, si vous disposez d’un moyen d’identification électronique accepté ;
dans un bureau provincial de la DGT, sur rendez-vous ;
par l’intermédiaire d’un représentant ou d’un gestor habilité.
Le dossier comprend généralement :
le formulaire officiel de demande ;
une pièce d’identité et le NIE ;
un justificatif de domicile ;
la carte grise française originale ;
la fiche technique ITV espagnole ;
la facture ou le contrat établissant la propriété ;
les justificatifs relatifs à la taxe d’immatriculation ;
le justificatif de paiement de l’IVTM ;
la preuve du paiement de la taxe administrative de la DGT.
La liste exacte peut varier selon qu’il s’agit d’un véhicule déjà détenu avant le déménagement, d’un achat récent ou d’un véhicule présentant une situation technique particulière.
6. Faire fabriquer les plaques et assurer le véhicule
Après l’attribution du numéro, rendez-vous chez un fabricant de plaques automobiles. Présentez le permis de circulation espagnol et la fiche ITV pour faire fabriquer les plaques définitives.
Avant de circuler, vous devez :
installer les plaques espagnoles ;
souscrire une assurance automobile valable en Espagne ;
conserver le permis de circulation ;
conserver la fiche technique ITV ;
vérifier la date de la prochaine inspection périodique.
Le véhicule est alors officiellement immatriculé en Espagne. Pensez enfin à informer votre assureur français et à terminer les formalités éventuellement requises dans le système d’immatriculation français.
Quelles taxes faut-il payer et peut-on être exonéré ?
L’immatriculation d’une voiture française en Espagne peut entraîner trois catégories de prélèvements : l’impôt national sur l’immatriculation, l’impôt municipal de circulation et, dans certains cas, les taxes liées à l’achat du véhicule. Une exonération de l’impôt d’immatriculation est possible lors d’un transfert de résidence, mais elle ne dispense pas automatiquement des autres frais.
Qu’est-ce que l’impôt espagnol sur l’immatriculation ?
L’Impuesto Especial sobre Determinados Medios de Transporte, ou IEDMT, est un impôt payé une seule fois lors de la première immatriculation définitive du véhicule en Espagne.
Son montant dépend principalement :
de la valeur fiscale du véhicule ;
de son ancienneté ;
de ses émissions officielles de CO₂ ;
de sa catégorie ;
des règles éventuellement appliquées dans la communauté autonome concernée.
Les véhicules les moins polluants peuvent bénéficier d’un taux nul. Pour les autres, un pourcentage est appliqué à la valeur fiscale retenue par l’administration, après prise en compte de la dépréciation liée à l’âge du véhicule.
Un taux nul ne dispense pas nécessairement de présenter une déclaration. La DGT demandera un justificatif fiscal permettant de confirmer que l’impôt a été payé, qu’aucune somme n’était due ou qu’une exonération a été accordée.
Quel formulaire fiscal faut-il utiliser ?
Situation
Formalité principale
Justificatif à conserver
Impôt d’immatriculation à payer
Modelo 576
Preuve de l’autoliquidation
Exonération ou non-assujettissement sans reconnaissance préalable
Modelo 06
Certificat électronique ou récépissé
Avantage fiscal nécessitant une décision préalable
Modelo 05
Décision favorable de l’administration
Impôt municipal de circulation
Démarche auprès de l’ayuntamiento
Reçu de paiement ou d’exonération
Le Modelo 576 est utilisé pour calculer et payer l’impôt lorsque le véhicule est imposable. La déclaration s’effectue généralement en ligne auprès de l’Agencia Tributaria.
Le Modelo 06 couvre certains cas d’exonération ou de non-assujettissement ne nécessitant pas une autorisation préalable. Les instructions de l’Agencia Tributaria mentionnent notamment le transfert de résidence sous la référence ET4.
Le Modelo 05 concerne les avantages fiscaux qui doivent être reconnus par l’administration avant l’immatriculation définitive. Il faut alors attendre la décision favorable avant de poursuivre la procédure auprès de la DGT.
La situation exacte doit être vérifiée avant de déposer un formulaire. Une déclaration inadaptée peut retarder l’immatriculation ou entraîner une demande de pièces complémentaires.
Quelles sont les conditions d’exonération lors d’un transfert de résidence ?
Vous pouvez être exonéré de l’impôt d’immatriculation lorsque votre voiture accompagne le transfert de votre résidence habituelle vers l’Espagne. Cette exonération est soumise à plusieurs conditions cumulatives.
En principe, vous devez :
avoir résidé hors d’Espagne pendant au moins les 12 mois consécutifs précédant votre transfert ;
avoir acquis le véhicule dans des conditions normales de taxation dans son pays d’origine ;
ne pas avoir bénéficié d’une exonération ou d’un remboursement fiscal lié à la sortie du véhicule ;
avoir utilisé personnellement le véhicule dans votre ancienne résidence pendant au moins 6 mois avant votre départ ;
déposer la demande dans le délai légal applicable ;
conserver le véhicule pendant au moins 12 mois après son immatriculation espagnole.
La voiture doit donc avoir réellement fait partie de vos biens personnels avant le déménagement. Acheter un véhicule juste avant de partir en Espagne ne permet généralement pas de bénéficier de cette exonération.
Le délai général applicable à l’immatriculation est de 30 jours à compter du début de l’utilisation du véhicule en Espagne. Il est porté à 60 jours lorsque le véhicule est utilisé à la suite d’un transfert de résidence et que les conditions de l’exonération correspondante sont remplies.
Il ne faut donc pas attendre six mois pour déposer la demande. Cette confusion apparaît fréquemment dans les guides consacrés à l’importation automobile, mais elle peut faire perdre le bénéfice fiscal.
Pour sécuriser votre dossier, conservez une preuve de la date :
de votre installation en Espagne ;
de l’entrée ou du début d’utilisation du véhicule ;
de votre empadronamiento ;
de votre inscription comme résident, le cas échéant ;
de votre départ de France.
En cas de doute sur le point de départ du délai, demandez confirmation à l’Agencia Tributaria avant de déposer la déclaration.
Quels justificatifs permettent de bénéficier de l’exonération ?
L’administration doit pouvoir vérifier votre ancienne résidence, la propriété du véhicule et son utilisation avant le déménagement.
Le dossier peut notamment comprendre :
un certificat consulaire attestant votre résidence hors d’Espagne pendant les 12 mois précédents ;
la carte grise française à votre nom ;
la facture d’achat ou le contrat de vente ;
des attestations d’assurance anciennes ;
des factures d’entretien ou de contrôle technique ;
des justificatifs de domicile en France ;
des documents indiquant la date de votre installation en Espagne ;
la fiche technique ITV espagnole.
La liste exacte peut varier selon le dossier et le formulaire utilisé. Il est prudent de rassembler des preuves couvrant toute la période concernée plutôt que de fournir un seul document.
L’exonération dispense-t-elle de toutes les taxes ?
Non. L’exonération liée au transfert de résidence concerne principalement l’impôt national sur l’immatriculation. Elle ne vous dispense pas automatiquement :
du contrôle technique ITV ;
de la taxe administrative de la DGT ;
du coût de fabrication des plaques ;
de l’assurance automobile ;
de l’IVTM municipal ;
des honoraires éventuels d’un professionnel.
L’IVTM, ou Impuesto sobre Vehículos de Tracción Mecánica, est une taxe locale payée chaque année dans la commune où le véhicule est domicilié. Son montant dépend notamment de la puissance fiscale et du tarif voté par l’ayuntamiento.
Faut-il payer une taxe lorsque le véhicule a été acheté récemment ?
Des justificatifs supplémentaires sont nécessaires si vous avez acheté le véhicule avant de l’immatriculer en Espagne.
Véhicule neuf acheté dans l’Union européenne : un justificatif de paiement de la TVA espagnole peut être demandé. Au regard de la TVA, un véhicule peut être considéré comme neuf s’il a été mis en circulation depuis moins de six mois ou s’il a parcouru moins de 6 000 kilomètres.
Véhicule d’occasion acheté à un professionnel : la facture doit permettre d’identifier le vendeur et son numéro de TVA.
Véhicule d’occasion acheté à un particulier : le contrat de vente, sa traduction et le justificatif de l’impôt sur les transmissions patrimoniales peuvent être nécessaires.
Véhicule déjà détenu avant le transfert de résidence : les taxes liées à l’achat ne sont normalement pas dues une seconde fois, mais les justificatifs de propriété restent indispensables.
Ces taxes liées à l’acquisition ne doivent pas être confondues avec l’IEDMT ou l’IVTM. Chaque prélèvement répond à une situation et à une administration différentes.
Combien coûte l’immatriculation d’une voiture en Espagne et quels sont les délais ?
Le coût dépend principalement du véhicule, de ses émissions de CO₂, de la commune de résidence et des documents déjà disponibles. Il n’existe donc pas de tarif forfaitaire valable pour toutes les voitures.
Les principaux frais à prévoir sont :
le certificat de conformité ou la fiche réduite, si nécessaire ;
l’inspection ITV ;
l’impôt d’immatriculation, sauf exonération ;
l’IVTM payé à la mairie ;
la taxe administrative de la DGT ;
la fabrication des plaques ;
l’assurance espagnole ;
les honoraires éventuels d’un gestor.
Au 17 août 2026, la DGT affiche une taxe de 99,77 € pour l’immatriculation d’une voiture provenant de l’étranger. Ce montant correspond uniquement à la démarche administrative : il n’inclut ni l’ITV, ni les impôts, ni les plaques. Le tarif doit être vérifié sur la page officielle de la DGT avant le dépôt du dossier.
Le coût de l’ITV varie selon la communauté autonome, la station et le type de véhicule. Lors de la prise de rendez-vous, demandez le tarif d’une inspección previa a la matriculación de un vehículo procedente de la Unión Europea.
L’impôt d’immatriculation est le poste le plus variable. Il dépend notamment de la valeur fiscale, de l’ancienneté et des émissions de CO₂. Une exonération accordée lors d’un transfert de résidence peut réduire sensiblement le budget, sans supprimer l’ITV, l’IVTM, les frais de la DGT ou les plaques.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Il n’existe pas de délai national garanti. La durée dépend surtout :
de l’obtention du certificat de conformité ;
de la disponibilité des rendez-vous à l’ITV et à la DGT ;
du traitement de l’exonération fiscale ;
de l’existence d’une contre-visite ou d’une homologation particulière ;
de la conformité des documents présentés.
Pour éviter les retards, demandez le certificat de conformité avant votre départ et préparez les originaux, traductions et preuves de résidence. Les démarches doivent être engagées rapidement afin de respecter le délai applicable de 30 jours ou, sous conditions, de 60 jours.
Un gestor n’est pas obligatoire pour un véhicule européen standard, mais il peut être utile en cas d’exonération, de document manquant, de véhicule transformé ou de difficulté avec les démarches en espagnol. Demandez alors un devis distinguant clairement les honoraires des taxes et frais administratifs.
Peut-on circuler pendant la procédure d’immatriculation ?
Vous ne pouvez pas circuler librement avec un véhicule dépourvu d’immatriculation et d’assurance valides. Le lancement d’une demande auprès de l’ITV ou de la DGT ne constitue pas, à lui seul, une autorisation de circuler.
Tant que l’immatriculation française reste valable, vous devez vérifier :
la validité de la carte grise ;
la couverture de l’assurance en Espagne ;
la validité du contrôle technique ;
les conditions imposées par votre assureur ;
le délai dont vous disposez pour immatriculer le véhicule en Espagne.
Si vous résidez désormais en Espagne, le simple fait d’avoir commencé les démarches ne vous autorise pas à conserver indéfiniment vos plaques françaises.
À quoi servent les plaques vertes temporaires ?
Lorsque l’immatriculation définitive est en cours, vous pouvez demander à la DGT un permis temporaire associé à des plaques vertes. Elles permettent généralement de circuler pendant 60 jours, avec une possibilité de prolongation lorsque le dossier n’a pas pu être finalisé pour une raison justifiée.
Pour circuler avec ces plaques temporaires, le véhicule doit notamment :
être couvert par une assurance valable ;
disposer d’une ITV en cours de validité ;
porter correctement les plaques vertes ;
être accompagné du permis temporaire délivré par la DGT.
La demande peut être effectuée en ligne ou dans un bureau de la DGT. Elle entraîne le paiement d’une taxe administrative spécifique.
Des plaques temporaires délivrées dans le pays d’origine peuvent également être utilisées si elles sont toujours valables, reconnues pour le trajet concerné et accompagnées d’une assurance couvrant la circulation en Espagne.
Quels documents faut-il conserver dans le véhicule ?
Pendant la procédure, gardez avec vous les documents correspondant à la situation du véhicule :
permis de circulation français ou temporaire ;
certificat d’assurance ;
fiche ou certificat de contrôle technique ;
preuve de propriété ;
justificatif de résidence normale, si vous conservez temporairement les plaques françaises ;
récépissés des démarches en cours.
Une fois l’immatriculation espagnole obtenue, installez les nouvelles plaques avant de circuler et conservez le permis de circulation ainsi que la fiche ITV espagnole dans le véhicule.
L’immatriculation de la voiture ne modifie pas automatiquement votre droit de conduire. Pour vérifier la validité, le renouvellement ou l’échange de votre titre français, consultez notre fiche sur le permis de conduire en Espagne.
L’immatriculation d’une voiture française en Espagne demande donc de l’anticipation, surtout lorsqu’une exonération fiscale est envisagée. Un dossier préparé avant le déménagement, avec la carte grise, le certificat de conformité et les preuves de résidence, limite les retards et les frais imprévus.
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